Quand Vanneste parle de Têtu

17 novembre 2008 par Paul Parant

Lors de sa désormais fameuse interview sur BFM TV, Karl Zero cite donc Têtu, et ça vaut le coup d’œil.


Christian Vanneste blanchi par la cour de Cassation
envoyé par les_jeunes_avec_Vanneste

La partie concernant Têtu est à 5mn environ:

«Têtu le magazine commente aujourd’hui le jugement et dit “3 millions d’homosexuels sont consternés”.»

Référence à cette info parue sur Tetu.com. Où l’on voit que les “3 millions” étaient bien une citation d’un collectif d’associations, non un “commentaire” de Têtu, même si ce chiffre paraît plus raisonnable que les 30.000 sous-entendus par le député!!

Vanneste est alors ravi de profiter de l’occasion pour attaquer Têtu:
«En général, il faut prendre les chiffres de Têtu et les diviser par 100. C’est habituel, c’est comme ça. Ils disent qu’il y a 300.000 familles dites homoparentales, en fait il y en a 20.000. Ils disaient il y a 5 millions de personnes qui attendent le pacs, moyennant quoi il y a 85% des pacsés qui sont hétérosexuels, et d’année en année, il y a de moins en moins de pacsés qui sont homosexuels. Autrement dit, ce n’est pas du tout les homosexuels qui attendaient ça. Mais c’est leur habitude, c’est leur technique…»

Outre que, sur le fond, ce commentaire qui se veut caustique en dise plus long sur les techniques de Vanneste que sur celles de Têtu, j’en profite pour préciser que JAMAIS Vanneste, depuis le début de cette affaire en 2005, n’a pu nous adresser le moindre démenti, le plus petit corrigé. Car même si, bien sûr, on ne l’aime pas, mes prédécesseuses au service Infos de Têtu, Judith Silberfeld et Emmanuelle Cosse, et moi-même, l’avons toujours traité de façon correcte. On a toujours bien dit qu’il était condamné pour des «propos homophobes», pas pour «être homophobe», qu’il avait parlé de l’infériorité de «l’homosexualité», pas «des homosexuels», etc.

On sait qu’il en est très déçu, car il avait plusieurs fois précisé publiquement qu’il lisait tout ce qui s’écrivait sur lui et veillait à la moindre faute. Le jour de son procès en appel à Douai, répondant à la presse gay, il avait dit d’un air entendu: «Croyez bien que je surveille tout ce qui se dit de moi et que je suis prêt à fait un procès à tous ceux qui déformeront mes propos…» D’ailleurs, ses amis cathos nous lisent de près eux aussi, et parlent de nous souvent, encore cet exemple tout récent.

Bref, Têtu et Tetu.com sont bien dans le collimateur des homophobes, mais ceux-ci n’ont jamais pu, hélas pour eux, nous reprocher des éléments de nos articles. Il est donc assez insupportable qu’ils ironisent aujourd’hui sur la qualité de notre travail. Voilà, ça va mieux en le disant.

Paul Parant, responsable des infos

L’homophobe de la République

13 novembre 2008 par Gilles Wullus

Christian Vanneste blanchi par la Cour de cassation, c’est vrai que ça dégoûte! En apprenant cette triste nouvelle hier, la consternation et l’indignation a soulevé toute l’équipe de «Têtu», homos et hétéros confondus. On pensait en avoir fini avec cette histoire depuis l’arrêt de la cour d’appel, qui avait confirmé la condamnation de ce sinistre élu UMP. Et bien non, il a fallu que la Cour de cassation… casse tout. Comment interpréter cette décision maintenant? Va-t-elle à nouveau permettre tous les dérapages homophobes, au nom de la liberté d’expression, malgré la loi du 30 décembre 2004 qui est censée les réprimer?

On a été encore plus dégoûtés dans la soirée quand, à l’injustice, le député de droite a ajouté l’hypocrisie, en déclarant «regretter» d’avoir qualifié l’homosexualité d’«inférieure». Tout en ayant fait appel, un peu plus tôt, à la doctrine de Benoît 16 pour justifier ses positions intolérantes…

Après le revers californien la semaine dernière, la journée d’hier est une triste date dans l’histoire des droits LGBT.

Le choix de Roman

24 octobre 2008 par Gilles Wullus

Pour incarner le Têtu Spécial Photo qu’on avait décidé de faire pour novembre, il fallait un garçon et une photo qui sortent de l’ordinaire! Avec Marc-Antoine, le directeur artistique, et Alexandre, l’iconographe, nous voulions que la photo de couverture soit différente des habituels cover boys, qu’elle ajoute une touche «arty» au classique beau mec qui est la marque de fabrique de Têtu. Marco et Alexandre ont constamment dans leur besace des séries de photos de jolis modèles, certaines commandées spécialement pour faire la couverture du magazine, d’autres non, d’autres encore proposées spontanément par des photographes. Nous avons regardé ensemble ces photos, mais rien ne nous a convaincu. Marco a pensé ensuite trouver la couverture parmi les images des photographes dont nous parlions dans notre dossier spécial. Ce ne sont pas les belles photos, sexy et savoureuses, qui manquaient; malheureusement, après des dizaines d’essais, aucune ne convenait dans une couverture de Têtu. Car pour qu’elle soit efficace, une couv’ doit présenter un modèle au centre avec un minimum de  «décor» autour. La raison en est simple: il faut pouvoir «écrire» tous les titres autour du cover boy. La plupart d’entre vous ne s’en rend pas compte, mais finalement, toutes les couvertures de magazines sont construites un peu de la même façon, les féminins comme les masculins.

Bref, nous ne trouvions pas parmi les photographes, quand Marco s’est souvenu d’une autre série de photos que lui avait proposée peu auparavant Steeve Beckouet. Et là, en faisant défiler les photos sur l’écran de l’ordi, il a compris qu’il tenait une couv’. Il a monté deux couvertures, une avec une photo noir et blanc, l’autre avec une en couleur, et très vite, la première s’est imposée comme une évidence. Le modèle est sexy, sympa, un regard franc et droit, un joli bijou sur le torse. Et en plus ce jeune modèle, Roman, est français, il vit au Blanc-Mesnil dans le 9.3, et ravi de débuter sa carrière de mannequin (il est en agence depuis quelques semaines à peine) par une couverture de magazine. Nous étions ravis nous aussi, j’espère que vous le serez également.

Un débat au sommet du genre

23 octobre 2008 par Ursula Del Aguila
Au Georges, dernier étage du centre Pompidou, à Paris, en pleine réflexion sur le régime pharmacopornographique

Beatriz Preciado (à gauche) et Judith Butler (à droite), au Georges, dernier étage du centre Pompidou, à Paris, en pleine réflexion sur le régime "pharmacopornographique".

Alors, vous l’avez sur vos genoux ? Pas votre chéri mais le Têtu n°138, novembre 2008, sorti hier en kiosque ? Je l’espère parce que si le monde des idées vous intéresse, la philosophie contemporaine française vous excite, plus particulièrement la pensée autour des identités sexuelles, des genres, de la performativité vous chatouille le bulbe… vous devez absolument vous plonger dans l’entretien que j’ai réalisé avec deux des plus grandes philosophes actuelles, la reine du Gender Trouble, Judith Butler, actuellement à Paris, et sa cadette, Beatriz Preciado qui vient de sortir Testo Junkie chez Grasset, essai corporel où elle analyse les effets politiques et philosophiques de la testostérone sur son corps, «entité prothétique du pouvoir, plateforme microexcitable de résistance, qui tombe amoureux»… de Virginie Despentes. Je les ai réunies au Georges, le café restaurant très classieux, tout en haut du centre Pompidou, le 12 septembre dernier. Je voulais un endroit en hauteur pour qu’on élève un peu le débat. Elles se sont prêtées au jeu, trois heures durant, débattant et polémiquant autour de mes questions qu’elles trouvaient très «cartésiennes», pendant qu’Ami Sioux les prenait en photo, avec en arrière-plan les toits de Paris et Notre-Dame. Gilles, le rédacteur en chef, a intitulé l’entretien, «Les transgressives»: je trouve que ça leur correspond parfaitement bien, et ça me rappelle l’écrivaine lesbienne Monique Wittig et ses Guérillères, son livre écrit pendant les nuits de 68, quand elle militait avec Antoinette Fouque pour le MLF. Et pour vous allécher un peu, sachez que vous retrouverez Antoinette Fouque et Virginie Despentes dans le numéro de décembre, car les penseures, on aime ça chez Têtu

Tetu.com change de tête !

7 octobre 2008 par Stéphane Moran

Rome ne s’est pas construite en un jour, le nouveau site de “Têtu” non plus. Avant la refonte complète du Tetu.com actuel prévue d’ici la fin de l’année, nous allons procéder à quelques aménagements. Chi va piano, va sano ! Pour vous faire patienter, le site s’offre un lifting. Léger, c’est vrai, mais efficace. Depuis hier soir, les infos se présentent sous la forme d’un blog alimenté par la rédaction tout au long de la journée, dès que l’actu l’impose, et des papiers plus magazine aussi, selon nos envies et nos coups de cœur. C’est mieux rangé, plus lisible, plus vivant, non ? Une rubrique People plus attrayante fait aussi le point sur l’actu des stars et autres célébrités médiatiques. Mylène, Lindsay, Britney, Justin, Jude, Wentworth… vous saurez tout ! Et puis, comme d’habitude, vous retrouvez le blog de la rédaction mis en ligne récemment, le clubbing, les sorties, les dossiers de TêtuE, la santé et les appels à témoin. D’autres améliorations vont suivre, c’est promis. En attendant, on travaille d’arrache-pied sur un nouveau site interactif, participatif et communautaire dont l’ambition est de devenir la référence dans la communauté LGBT.

Donnez-nous votre avis sur les premiers changements. Dites-nous ce que vous attendez du futur site !

Stéphane Moran, rédacteur en chef adjoint

Pour Bachar, notre ami assassiné en Irak

2 octobre 2008 par Blaise Gauquelin

Désolés, on va plomber l’ambiance: aujourd’hui, c’est l’oraison funèbre, à Londres, de Bachar. C’était l’un de nos principaux informateurs en Irak, «sur le terrain», comme on dit bêtement, pour ne pas avoir à dire «dans la merde». On savait qu’on pouvait compter sur lui pour qu’il nous raconte, grâce à un réseau compliqué et souterrain, avec mille précautions, la réalité des assassinats d’homosexuels — plus de 400 depuis l’invasion américaine de 2003. Il a été buté par des islamistes, après qu’un journaliste «occidental» un peu con, ou auquel Bachar faisait un peu trop confiance, a été trop précis dans la description de son interlocuteur.

Rami et Kamal, un couple gay en Irak, obligé de vivre caché. Photo: CNN.
Rami et Kamal, un couple gay en Irak, obligé de vivre caché. Photo: CNN.

Bachar, c’était l’un de ces nombreux homosexuels qui risquent leur vie pour permettre aux journalistes de faire leur métier. C’est pour cela que, parfois, on reste un peu vagues dans ce qu’on écrit dans Têtu, pour «protéger nos sources», comme le veut la formule. Être responsable de la mort de quelqu’un, c’est personnellement ma hantise depuis des années.

L’occasion pour nous de rappeler que Têtu a mis en place un réseau mondial très précieux qui nous permet de rappeler qu’on meurt encore, parce qu’on est homosexuel, dans des pays comme l’Iran ou l’Irak. Les personnes qui nous informent sont des gens fiables, avec qui nous avons tissé des liens qui datent, et dont nous vérifions toujours les informations, ce qui nous permet d’être crédibles auprès des grands médias, du personnel diplomatique et politique, mais aussi du grand public.

C’est ça aussi Têtu, et c’est pour ça que je me permets de prendre la plume aujourd’hui sur ce nouveau blog qui devrait casser le côté «tour de verre» qu’on reproche parfois à la rédaction, car on attaque souvent le magazine, comme les féminins d’ailleurs (cherchez l’erreur) sur sa frivolité, son parisianisme, ses mecs bien gaulés, comme s’il fallait les cacher ou avoir honte de ce qu’on est.

Non, la vie à Têtu, ce n’est pas que parler de beaux garçons, des derniers plans cul ou des afters parigos —on en tchatche aussi, on va pas se la raconter— mais c’est souvent des mauvaises nouvelles qui nous parviennent, des journées qui commencent mal quand tombent les derniers chiffres du sida dans le monde, ou quand le téléphone sonne pour nous informer d’un meurtre quelque part en France.

Alors on rend hommage à Bachar aujourd’hui, en ayant une pensée d’amitié pour celui qui va prendre sa place dans le réseau en Irak. On pense aussi à nos autres contacts en Russie, en Iran, en Afrique, en Amérique du Sud. Ils comptent sur nous, non pas pour les sortir de la merde, mais pour qu’au moins, on parle d’eux. «Parlez de nous!» est la chose que tout journaliste de Têtu en reportage dans des pays homophobes entend systématiquement. Car face aux «grands problèmes de ce monde», les tracas des «minorités sexuelles» ici ou là paraissent bien secondaires aux yeux de nombre de journalistes.

Merci aux lecteurs qui achètent le magazine et nous permettent de financer des recherches, des reportages sur le terrain et des enquêtes difficiles et qui font que Têtu —c’est véritablement l’exploit dont on est le plus fier— est connu des homosexuels aux quatre coins du monde. Pour un journal francophone, franchement, c’était pas gagné!

Blaise Gauquelin, journaliste Proche et Moyen-Orient, Est de l’Europe

Non, la journaliste de «Têtu» n’est pas une drag…

30 septembre 2008 par Ursula Del Aguila

Contrairement à ce que certains lecteurs deTêtu pensent (je vous assure, je l’ai vraiment entendu!), je ne suis pas une drag queen… Une drag king, oui, ça a pu m’arriver, et j’ai d’ailleurs adoré cette expérience (promis, je vous posterai vite une photo), mais une drag queen, pas encore. J’essaierai bientôt. Plus sérieusement, mon prénom d’origine allemande, Ursula, faisant très «36 15 Ulla» (ça me poursuit depuis mon enfance… moins depuis que le Minitel a été relégué aux oubliettes), a un côté féminin hyperbolique qui fait toc, pute ou trav, trop exagéré pour être vrai, du genre des Miranda, Esmeralda, Candida ou Cicciolina… Mon prénom accolé à mon nom d’origine espagnole Del Aguila, ça fait très exotique et des lecteurs pensaient que j’écrivais sous pseudo. Et que j’étais un homme. Certains jours, je peux me sentir plus virile que d’autres mais je reste biologiquement femelle. Donc chers lecteurs et lectrices, je me présente, je suis la coordinatrice du cahier «Rubriques» de Têtu, plus concrètement, je m’occupe des dossiers consacrés aux lesbiennes (TêtuE), aux jeunes gays et aux jeunes lesbiennes (15/20), des associations, de la cuisine de Lulu, des courriers Psycho, et de Un gay/Une lesbienne. Ce mois-ci, vous apprendrez tout sur le Brooklyn des lesbiennes dans TêtuE et sur l’association Trevor Project, basée à New York, qui soutient beaucoup de jeunes LGBT en détresse. Et dès le prochain numéro, qui paraîtra le 22 octobre, je vous montrerai même qu’une drag king n’a pas qu’un paquet mais aussi un cerveau: j’ai rencontré pour vous les maîtresses du genre, les philosophes Judith Butler et Beatriz Preciado.

UDA

À la recherche de la nouvelle bombe

29 septembre 2008 par Paul Parant

C’est un de ces rendez-vous qui ne constituent qu’une petite place dans le magazine, mais qu’on n’a vraiment pas le droit de rater. Car la «bombe du mois» de Têtu est presque devenue «culte», souvent commentée par les intéressés et un repère de cible «à suivre» pour l’avenir. Il faut dire qu’on a parfois eu du nez – ou de la chance, en décernant ce titre à Harry Roselmack en décembre 2005, alors qu’il venait de pointer son (joli) nez en télé. On vous y avait parlé du nageur-cœur d’artichaud Luca Marin en mai 2007, de Barack Obama dès janvier 2007, de l’acteur Mark Ruffalo en février 2006,  etc.

Le sujet donne lieu, en interne, à un certain nombre de joutes et de noms d’oiseaux. Aujourd’hui, par exemple, alors qu’on est en recherche de Monsieur Novembre, les mots «amateur de blondasses» et «intégriste des bears» ont déjà été prononcés. Et ce n’est qu’un début…

Déjà recalés pour la sélection trimestrielle: le judoka Frédéric Demontfaucon (pas au niveau de Teddy Riner… et pas que sportivement parlant), l’escrimeur Andrea Baldini (contrôlé positif à un produit dopant, mauvais exemple pour la jeunesse) ou Rocco Siffredi (photo de gauche, il fait désormais de la pub pour une bombe… de mousse à raser, mais l’humour se mélange assez mal au sexe). On en aurait bien profité pour vous montrer des photos de Ryan Kwanten (photo de droite), qui passe la moitié du temps à poil dans True Blood, la nouvelle série vampirique d’Alan Ball, mais on vous en avait déjà parlé dans les pages people quand il avait été ajouté au casting. Ça ferait redite.

Donc, on cherche encore. Vous avez des idées pour nous?

Adieu Edvige, tu ne nous manqueras pas

26 septembre 2008 par Paul Parant
Michèle Alliot-Marie présente son nouveau décret sur Edvige à l'Assemblée nationale, le 18 septembre. Photo: «Têtu».

Michèle Alliot-Marie présente son nouveau décret sur Edvige à l'Assemblée nationale, le 18 septembre. Photo: «Têtu».

Ouf! Le décret est bouclé, MAM a revu sa copie et s’est débarrassée (temporairement?) du dossier pestilentiel qui est maintenant sur le bureau de la Cnil… Edvige ne s’appelle plus Edvige, les femmes sont ravies d’apprendre que leurs prénoms ne servent plus de caution pour adoucir tous les malheurs du monde. D’ailleurs, c’est l’ouragan Gustav qui a ravagé Haïti. Edvige porte désormais le nom imbitable de EDVIRSP. Reste l’affaire du fichier secret «Cristina», mais elle est tellement top secrète que Sydney Bristow (mais si, Alias, souvenez-vous…) ne s’est toujours pas relevée de cette concurrence. Dans le décret retoqué, les mentions de «vie sexuelle» et «état de santé» n’apparaissent (dans le premier, elles y étaient au travers de la non exception à une liste de «sujets sensibles» établie en 2004 – oui, c’est compliqué!) que pour préciser qu’elles ne peuvent en aucun cas être consignées dans un fichier.

Et nous, à Têtu, on a l’impression d’avoir couru un marathon. Peut-être vous aussi, abonnés à la newsletter de Têtu, qui avez vu le déferlement d’informations à ce sujet dans vos boîtes mails ou vos fils RSS…

Le moins que l’on puisse dire, c’est que notre «feuilleton de l’été» a déchaîné les passions. Le premier article que nous avons publié sur le sujet a fait un bruit de tonnerre. Mais lorsque notre journaliste juridique, Stéphane Garneri, est venu vers nous en nous disant «J’ai trouvé un truc dans le fichier Edvige sur la vie sexuelle dont personne ne parle. Mais ça me semble tellement grave et surréaliste, qu’il va falloir demander des explications au gouvernement et se rapprocher de la CNIL pour avoir leur version», notre première réaction a été l’incrédulité. Pourtant, on connaît la grande rigueur de Stéphane, un garçon qui n’aime rien tant que maîtriser à fond les dossiers dont il s’empare (eh oui, ceux qui connaissent l’enthousiasme de notre relais dans la région de Aix-Marseille seraient probablement surpris d’apprendre qu’il est aussi juriste passionné, diplômé de Yale…). Mais pour ce coup, cela semblait effectivement ahurissant. On ressortait à peine du scandale d’Ardoise et la ministre de l’Intérieur avait fini par reculer sur sa volonté initiale de ficher les homosexuels, trans, travestis, militants, prostitués… impliqués, en tant que victimes ou présumé coupable, dans des plaintes à la police ou à la gendarmerie. Qu’elle s’apprête à recommencer semblait proprement incroyable. «C’est même encore pire qu’Ardoise, surenchérissait Stéphane, parce que là il ne faudra même pas être impliqué dans un délit, il suffira d’être susceptible de troubler l’ordre public pour être fiché, c’est-à-dire n’importe qui!»

Donc, l’enquête a démarré. Au lendemain de la publication de notre premier article, les associations LGBT se sont -fort bien- emparées du sujet. Délégué de la FSU aux questions LGBT, Philippe Castel est parvenu à convaincre, à l’arraché parfois et armé de nos articles, les plus grandes d’entre elles de se mobiliser. Hussein Bourgi (Collectif contre l’homophobie) ou Catherine Tripon (L’Autre cercle) ont vite relayé l’affaire. La mobilisation, qui se limitait alors à la question (certes choquante) du fichage des mineurs de 13 ans, a ajouté ce sujet d’inquiétude à sa pétition. Qui, à ce jour, a rassemblé plus de 200.000 signataires…

Et le débat public a -enfin!- fini par s’en emparer, lorsque politiciens et rédacteurs en chef des médias mainstream sont rentrés de la Bourboule. Fin août, donc. Presque deux mois après le début de l’enquête de Têtu… Mieux vaut tard que jamais!

Mais ce retard à l’allumage a eu des conséquences. Il a permis à Nicolas Sarkozy de sortir du scandale la tête haute, en blâmant l’incompétence de son Premier ministre et de «sa» ministre de l’Intérieur. Comme s’il avait découvert le dossier à la une de Libé, du Monde ou sur dans la page world du Times. «Comment peut-elle (MAM) imaginer que la vie sexuelle des leaders syndicaux et des personnalités publiques m’intéresse? On se le demande. En plus, tout est sûr Facebook et sur internet, alors pas besoin d’en rajouter», se serait emporté en privé le président devant ses conseillers, selon le Canard enchaîné (17/09). Mais le président ne pouvait pas ignorer le dossier. D’abord, le directeur de la police nationale, Frédéric Péchenard, monté au créneau pour défendre le fichier Edvige comme s’il s’agissait de son bébé, est un (très) proche. Ils se rencontrés à l’adolescence, dans la bonne ville de Neuilly, alors que Nicolas n’était pas encore avocat et que Frédéric voulait devenir commissaire de police. Le deuxième doit sa position actuelle au premier. Impossible d’imaginer qu’il ne lui a pas parlé de la façon dont allaient se rapprocher les RG et la DST! De plus, Michèle Alliot-Marie aurait, toujours selon le Canard (24/09), «pris la précaution d’avertir l’Elysée et Matignon: certaines modalités de rédaction pouvaient prêter à confusion» (c’est le moins que l’on puisse dire…). Dernière raison et non des moindres: Têtu, en multipliant les contacts au cours de son enquête, a interrogé l’Élysée afin de solliciter des interviews. En précisant chaque fois, explicitement, les motifs d’inquiétude sur ce dossier. L’Élysée (via son secrétaire général Claude Guéant) et Matignon ont été contactés, au téléphone puis par mail. Et re-belotte après que les réponses de la place Beauvau nous ont encore plus alarmés. Pourtant, il aura fallu que l’affaire prenne une tournure de scandale national, et, paraît-il, l’intervention de Carla Bruni-Sarkozy, pour que le Président décroche son téléphone… Mais le rôle de vierge effarouchée qu’il a endossé ne lui convient décidément pas à la lumière des faits. Qui sont, comme on sait, têtus…

Et vous, qu’avez-vous pensé de notre traitement de cette affaire? Trouvez-vous qu’on en ait fait trop? Pas assez? Avons-nous été assez clairs en tentant de démêler ce dossier complexe? Quelles enquêtes aimeriez-vous retrouver sur le site de Têtu et dans le magazine? Lâchez-vous dans les commentaires…

Paul Parant, responsable des infos.

Patrick ou Jenry?

24 septembre 2008 par Gilles Wullus

Pourquoi avoir proposé deux couvertures différentes pour ce numéro d’octobre? C’est vrai que vous pouvez vous poser la question. On se l’est posée d’ailleurs. Avoir à choisir peut être déroutant pour un acheteur pressé de passage dans sa maison de la presse ou son kiosque. «Pourquoi ils me proposent deux couvs différentes? Est-ce vraiment le même magazine derrière? Je préfère vraiment le bleu?»

L’idée était de marquer le coup justement, de vous bousculer un peu avec ce numéro spécial Etats-Unis. Ce qui se passe là-bas pour les gays et les lesbiennes nous intéresse toujours beaucoup, et nous voulions vous en faire profiter, d’autant qu’à mon sens, Têtu a peu parlé des Etats-Unis ces derniers temps.

Mais la double couv n’était pas prévue dès le départ. Initialement, pour symboliser cette Amérique en pleine bataille électorale, j’avais eu l’idée de montrer deux cover-boys, un noir et un blanc, prêts à s’affronter, et dans la tenue ô combien sexy de lutteurs, un sport très américain mais aussi très machine à fantasmes!

Mais il est très difficile de réaliser des couvs avec deux modèles, et parmi les photos que nous a proposées notre photographe Nicolas Wagner après le shooting qui a eu lieu à New York à la mi-août,  aucune ne nous a satisfaits. Soit on voyait les modèles en train de combattre, et du coup Têtu avait l’air d’un magazine de sport, soit on les voyait côte à côte et ils avaient l’air trop plan-plan (comme on les voit à la fin de la vidéo (ci-contre).

C’est alors que Marc-Antoine, le directeur artistique, a eu l’idée de faire deux couvs, et d’exploiter ainsi différemment le duo de cover-boys. Le résultat est, je trouve, très dynamique, très dans la ligne des covers de Têtu, sympa, sexy, complice. J’espère qu’ils vont ont plu. De plus, Nicolas avait pu tourner quelques images du shooting, ça donne presque l’impression d’y être. En tout cas, moi, j’aurais aimé…